L'Intersyndicale du LPC
(SNCS-FSU, SNPCEN-FSU, SNESup-FSU, SNTRS-CGT)

5 mai 1999

DEMENTI A UNE LETTRE RECENTE DE MONSIEUR CLAUDE ALLEGRE CONCERNANT LA
SITUATION DU LABORATOIRE DE PHYSIQUE CORPUSCULAIRE (LPC) DU COLLEGE DE FRANCE

Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,

Plusieurs parlementaires ont reçu, à la fin du mois d'avril et en réponse à des interventions concernant notre laboratoire, une lettre de Monsieur le Ministre de tutelle dont la teneur est reproduite à la fin de ce message. Notre intersyndicale tient à confirmer les termes de ses interventions antérieures, de même que son exposé des faits, rappelés dans sa page web: http://perso.wanadoo.fr/intsynd-lpc . Elle réagira très prochainement, plus en détail, à la prise de position de Monsieur le Ministre, mais tient d'ores et déjà: a) à porter ce document à votre connaissance, afin que vous puissiez en apprécier le style; b) à rappeler très brièvement quelques faits essentiels:

- Contrairement à ce qu'affirme Monsieur le Ministre, la "restructuration" du LPC a commencé en 1995 et s'est heurtée à un net rejet de la majorité des personnels du laboratoire, y compris via les Conseils statutaires.

- La composition et le mode de fonctionnement de la commission d'enquête ont été contestés depuis août dernier par notre intersyndicale, qui a en outre dénoncé l'atmosphère très anormale dans laquelle se déroulaient ces opérations.

- Il nous a été à ce jour impossible d'obtenir communication du rapport de ladite commission, raison pour laquelle nous avons été contraints de saisir récemment la Commission d'Accès aux Documents Administratifs.

- La réponse de Monsieur le Ministre tente de réduire le probléme à trois supposés "agitateurs", mais la réalité est qu'une plainte pénale pour discrimination raciale et antisyndicale, signée par sept membres du LPC plus quatre organisations syndicales nationales, plus une organisation antiraciste, est actuellement en cours d'instruction et qu'une plainte auprès de la cour Européenne des Droits de l'Homme introduite par un autre membre du LPC est en cours d'enregistrement officiel.

- Le "nettoyage" du LPC exclut une trentaine de personnes, démantèle pour des raisons politiques des équipes performantes et occulte de nombreux dysfonctionnements scientifiques sur lesquels le silence est toujours gardé. Des chercheurs sont bannis hors des domaines de recherche qui ont fait leur réputation internationale, voire même de leur discipline. Contrairement à ce qu'affirme la lettre de Monsieur le Ministre, aucune nouvelle proposition n'a été faite aux personnels dont les affectations étaient litigieuses.

Nous vous prions de recevoir l'expression de notre haute considération.

Pour l'Intersyndicale

Luis Gonzalez-Mestres
Adresse postale: 17 rue Albert Bayet, Appartement 1105, 75013 Paris
Téléphone et Fax: 0145830720


Suit la teneur intégrale de la lettre de Monsieur Claude Allègre, sauf le nom du destinataire et la formule de politesse.


Le Ministre

Vous avez bien voulu appeler mon attention sur le laboratoire de physique corpusculaire (LPC) du Collège de France qui connaît une situation conflictuelle depuis que sa restructuration a été entreprise par le CNRS et le Collège de France au cours de l'année 1997. Le contentieux et la confusion qui ont surgi au lendemain de la mise en oeuvre de cette décision m'ont conduit à demander en mai 1998 au directeur de la recherche de désigner trois pesonnalités, dont l'autorité scientifique ne saurait être mises en doute, afin de tenter de trouver une solution acceptable par l'ensemble des protagonistes.

Un rapport a été établi et transmis aux deux institutions qui exercent la tutelle sur le laboratoire de physique corpusculaire (LPC) devenu une unité mixte de recherche en 1998.

Aux termes de ce document, il apparaît que l'orientation prise, c'est-à-dire un recentrage des activités sur la thématique "astroparticules-neutrinos" est cohérente avec la vocation de ce laboratoire et présente un intérêt scientifique indiscutable. Une solution d'essaimage a été proposée aux équipes et personnels impliqués dans d'autres projets mais trois chercheurs se sont obstinés à refuser cette évolution et se sont engagés dans une agitation interne et extérieure comprommettant ainsi un nouveau développement serein du laboratoire.

Les rapporteurs estiment que les propositions d'une nouvelle affectation faites à ces trois chercheurs sont sérieuses. Il convient donc maintenant que ces personnes acceptent cette évolution et les propositions qui leur sont faites.

Claude Allègre